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C'est à moi que tu parles?


Dacres éditions - coll. Reflets de Dacres, Format : 12,5 * 19 cm, Livre broché 120 pages, 12€

La méta-communication au coeur du processus de médiation

Vous pensez être particulièrement intuitif car vous devinez les pensées de vos proches avant qu’ils ne les expriment ? Vous pensez avoir mûrement réfléchi les derniers achats que vous avez effectués sans avoir jamais succombé aux sirènes de la publicité ?

Ces croyances sont un leurre.Je vous rassure, ces pensées étaient les miennes avant d’entrer dans le monde de la méta-communication et de comprendre les rouages de notre communication.

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2.23.2020

Pourquoi ne pas régler soi-même un conflit ?

Comment expliquer à quelqu’un qui connaît le terme de médiation mais ignore tout de la fonction de médiateur, les raisons qui peuvent pousser des personnes en conflit à recourir à un médiateur ?


Panneau De Signalisation, Note



J’ai fais le choix de poser cette question à plusieurs personnes de mon entourage et connaissances afin de recueillir les raisons qu’elles seraient susceptibles d’avancer dans la perspective où il leur serait demandé d’argumenter en faveur de la médiation. 

Plusieurs arguments très différents pourraient être avancés afin de justifier un tel choix. La médiation peut sembler un choix plus judicieux pour différentes hypothèses : lorsque la communication doit être améliorée, lorsqu'un consensus est préférable à des voies alternatives, lorsqu’on redoute l’incertitude ou l’aléa (de temps ou de coût par exemple liée à la saisine d’une juridiction), lorsque les parties considèrent que le maintien de leur relation leur offrirait un ou plusieurs avantages qu’un autre mode de résolution des conflits (amiable ou non ne pourrait leur procurer), quand le recours à la médiation nous paraît plus éthique et moins conflictuel. 

La perspective de ne pas se laisser « déposséder » du litige de ne pas se sentir « relégué » dans la position d’un simple spectateur et de participer activement au processus de résolution du conflit, à l’élaboration d’un accord. 

Ceci, au point que certains vont jusqu’à considérer qu’un médiateur pourrait se substituer au fait de recourir à un avocat (cette dernière perception entendue à plusieurs reprise n’est pas correcte puisque tous deux exercent des fonctions bien définies mais permet néanmoins de mettre le doigt sur le fait que la médiatisation de la médiation ne s’est pas faite en usant de suffisamment de pédagogie).


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2.03.2020

Dissociez les personnes du conflit

L’un des points communs que l’on pourrait pointer dans de nombreuses médiations est la capacité des médiés à avoir tus de leur colère et leur souffrance pendant de longue périodes (plusieurs semaines ou mois, voire plusieurs années). Souvent en effet, la médiation n’est pas un réflexe de l’un ou de l’autre médié. Elle intervient donc après une intensification du conflit. 


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Ce faisant, le temps qui passe joue également contre eux. Avec l’escalade du conflit, plus difficile en effet pour des parties en conflit de projeter l’idée d’une médiation, lorsque la situation se gangrène de plus en plus au fur-et-à-mesure du temps, la perspective d’une résolution amiable du différend paraît de plus en plus improbable aux parties, voire carrément utopique. 

Dans cette logique, les parties en conflit ont le sentiment de devoir se résoudre à supporter les blessures engendrées par le conflit stoïquement, sans que quiconque puisse leur apporter de l’aide. Robert Fisher et William Ury, auteurs de nombreux ouvrages sur la négociation raisonnée préconisant notamment de séparer les personnes de problèmes rencontrée et d’accorder plus de place et d’importance aux émotions. L’idée serait de détacher la personne du problème afin d’aborder la personnalité et de percevoir distinctement l’humain derrière l’acte qui nous a blessé. Cette préconisation a du sens pour le médiateur qui se confronte frontalement aux médiés. 

Lors des séances plénières comme en aparté, le médiateur est l’auditeur qui entend et écoute des facettes différentes d’une seule et même histoire, il perçoit et reconnait les émotions des médiés, qui pour la plupart sont tout aussi plausibles et ce, de chaque côté de la table. Certains médiateurs vont jusqu’à considérer que l’escalade du conflit ne serait en réalité que la dissimulation de la souffrance cumulée des médiées, laquelle avec le temps blesserait davantage celui qui l’éprouve et qui percevrait dans l’autre, l’auteur de cette souffrance, de la douleur qu’il « traîne » de façon perpétuelle avec lui. 

Pour que les médiés puissent avancer, le médiateur doit donc les amener à se délivrer de leurs émotions, à les exposer lors du processus de médiation. Nul doute que le médiateur puisse sous cet angle se considérer comme un véritable thérapeute de la relation.



Image, source Pixabay

1.27.2020

Focus sur le principe de l’émergence en médiation

Charlie Irvine, auteur de plusieurs articles relatifs à la médiation a récemment mentionné dans l’un de ses articles que les actes et paroles du adoptés ou tenus au cours d’une médiation étaient davantage déterminés par les valeurs du médiateur que par les techniques que ce dernier avait apprises et maîtrisait. Cette conception met en avant le principe d’émergence, notamment évoqué par le physicien américain Murray Gell-Mann. 


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Partant du constat que le processus de médiation repose sur l'interaction complexe des médié, ce dernier s’est interrogé sur la conséquence de cette interaction. Celle-ci conduirait à la création de quelque chose de nouveau, à l’émergence de quelque chose de supérieur à la somme des parties. Traduction pour Murray Gell-Mann “You don’t need something more to get something more. That’s what emergence means.” 

Cela signifierait que les médiés n’ont pas besoin de quelque chose de plus pour obtenir davantage. Pour résumer, chaque médiateur doit accepter que le processus de médiation consiste en l’émergence de l’ensemble des éléments du différend présents chez chaque médiés. Le parallèle établi est que le médiateur aussi disposerait de certains éléments de résolution de ce différend. Or, seuls les éléments émanant des médiés intéressent la situation de ce dernier. 

Le médiateur ne doit pas polluer l’émergence des éléments du conflits, valeurs des médiés avec ses propres valeurs et doit mettre ses valeurs en retrait. Il est intéressant de retenir que Charlie Irvine émet quelques réserves sur le fait qu’un médiateur propose l’introduction de professionnels du droit au cours du processus. Selon lui, le fait de s’attacher à la présence de ces professionnel trahirait la valeur d’équité, ressentie par le médiateur et non par les parties. 


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